Un peuple de musiciens et de danseurs

l'ethnie-ha-nhiLa culture des Hà Nhi s’est développée sans autre moyens de transmission que la parole humaine et sans autre moyen de stocker les connaissances que la mémoire individuelle. C’est ce qu’on appelle une culture de tradition orale. Et comme toutes les autres cultures de tradition orale, celle des Hà Nhi fait la part belle à la musique et à la danse.

Pour les Hà Nhi, la musique et la danse sont ce qui les relie au passé, avant que d’être des moyens d’expression et de communication. Ly Mo Chu, un Hà Nhi de la province de Lai Châu :

« Nos ancêtres étaient des nomades. Ils n’avaient pour tout bagage que des airs et des danses folkloriques qu’il nous appartient à nous, leurs descendants, de préserver à tout prix… ».

C’est en musique qu’un Hà Nhi qui se respecte se doit de déclarer sa flamme à l’élue de son coeur. Et si celle-ci est sensible à ces douces mélopées, elle s’efforce d’y répondre de la même manière… Comme quoi, on ne dira jamais assez à quel point la musique peut faire basculer la destinée de l’être humain !…

Mais laissons un instant ces romantiques considérations («romantiques», ai-je dit, pas «mièvres» !…) et intéressons-nous aux instruments utilisés pour faire chavirer les coeurs. On retiendra notamment le «chi papo» et le «la ty», qui fonctionnent en fait sur le principe de la guimbarde, le premier étant constitué d’une feuille fraîchement cueillie dont les sons cristallins font penser au rossignol, tandis que le second utilise une lamelle actionnée par le doigt comme élément vibrant et la bouche du musicien comme cavité de résonance. Il ne faut pas oublier la flûte «am ba», faite d’un brin de chaume fraîche d’une vingtaine de centimètres de long. Cette flûte est mise entre les paumes fermées qui servent alors de caisse de résonnance. Le Sy Tho, folkloriste :

« Les garçons jugent les jeunes filles à travers leur travail quotidien. Par exemple, si un garçon voit un grand tas de bois chez une jeune fille, il pense que celle-ci est habile et travailleuse. Il va alors rivaliser d’ardeur avec les autres jeunes gens à la guimbarde ou à la flûte. Lorsque les sentiments sont partagés, il s’en suit des chants alternés… et bien d’autres choses encore !… »

Les guimbardes et les flûtes sont donc l’apanage des tourtereaux, on l’aura compris. Les percussions, quant à elles, servent à rythmer tous les évènements festifs : la fête du nouveau riz, l’inauguration d’une nouvelle maison, l’accueil d’un hôte de passage… Toutes ces réjouissances donnent lieu à de bruyants concerts de tambours, de gongs et de cymbales… Le Van Thiet, du Musée d’Ethnographie du Vietnam :

« Les chansons et les danses des Hà Nhi relatent les activités du quotidien. La danse du filage, pour ne prendre que cet exemple-là, se rapporte, comme son nom l’indique, au filage, c’est-à-dire à l’une des étapes les plus importantes du tissage. Mais il y a d’autres danses qui sont dédiées aux cérémonies religieuses… C’est bien simple : les Hà Nhi dansent tout le temps, à la moindre occasion… »

Vivant au croisement de plusieurs cultures, les Hà Nhi ont également emprunté des mélodies à d’autres ethnies en y incorporant leurs propres paroles…

Source: VOV

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